• 84 - Dans les pas de Sigeric

     



     

    Je me trouve ce soir à Canterbury, dans le Kent, à l’est de Londres et, demain matin à l’aube, je prendrai le départ pour rejoindre Douvres puis Calais (par le ferry), première étape d’un long parcours sur la via Francigena.

    La via Francigena a été bâtie par les légions romaines qui l’utilisaient pour aller ou revenir de Britannia. Par la suite, elle est devenue une importante voie de communication et d’échanges commerciaux dans le haut moyen âge. En 990, Sigeric, nommé évêque de Canterbury l’emprunta pour se rendre à Rome recevoir les insignes de sa fonction (le pallium) et lors son retour de la « ville éternelle », il a dicté chaque jour à son scribe la description de ce long parcours dans un document qui récapitule ses 80 étapes. Gros succès de librairie - je ne doute pas que Sigeric a été la vedette des « talk shows » de la BBC de l’époque et qu’il a fait l’objet des éditoriaux du Times :-) - inspirant des milliers de pèlerins à se rendre à Rome. Ce pèlerinage a compté alors, avec celui de Jérusalem et celui de Compostelle, comme les trois grands pèlerinages de la chrétienté, puis comme les autres, il tomba progressivement dans l’oubli avant de renaître tout doucement avec l’engouement autour du chemin de Compostelle depuis le milieu du siècle dernier. Toutefois, la via Francigena reste confidentielle et quelques dizaines de pèlerins et encore moins de randonneurs la parcourent chaque année.  

    La cathédrale de Canterbury

    Mais pourquoi me lancer dans un pareil défi alors que je ne suis pas pèlerin ? En fait, après une première expérience en 2007/2008 sur le Camino Francés, l'une de mes chevilles, gravement accidentée en 1990, semblait s'être fort bien accommodée de cette « cure » un peu forcée et ma kinésithérapeute de fille m'avait alors dit « Papa, tu sais ce qu'il te reste à faire ». J'ai donc recommencé et puis j'ai pris goût à ces longues chevauchées à parcourir les grands espaces, à découvrir les beautés architecturales réparties ici ou là, à admirer la faune ou la flore ; je garde un merveilleux souvenir des millions de cistes de mes premières étapes sur la Via de la Plata en Andalousie. Je rejoins ainsi dans ses motivations Axel Kahn, le grand généticien, médecin et humaniste, dont je vous engage à lire le livre qu'il vient de faire paraître chez Stock « Pensées en chemin ».

     

     

     

     

     

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