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Parcourir le Monde

Le Chemin de Saint Guilhem #5 Le Causse Méjean de Sainte Énimie à Meyrueis

Xtian

Depuis des millénaires, populations et marchandises circulent entre l’Auvergne et le Languedoc. Plus tard l’essor de l’élevage ovin a engendré la transhumance entre montagne et plaine littorale, des pistes de passage – les drailles – ont vite été utilisées par les marchands ou les muletiers pour le transport des marchandises vers les foires de Meyrueis ou du Vigan. Aujourd’hui des milliers de brebis les empruntent encore des garrigues aux estives de l’Aigoual. Les randonneurs du GR6 – un tracé qui vient de Sainte-Foy-la-Grande en Aquitaine et qui rejoint Sisteron - ou du GR7 – un sentier qui vient des Vosges et rejoint Andorre - traversant la région en empruntant ces drailles, apprécient la splendeur des paysages, la sauvagerie des grands espaces mais aussi les trésors discrets des villages avec leurs habitants si accueillants !

 

♦♦♦♦♦

 

J07 – Mercredi 10 juin ~ Sainte Énimie → Meyrueis

L'étape étant longue avec un bon dénivelé (32 kilomètres et 1'100 mètres de dénivelé) alors que la météo annonce des orages, un départ très matinal peu après 6 heures s'imposait bien que le ciel soit encore chargé de la pluie de la nuit. Le petit déjeuner est à 8 heures, aussi Cindy l'accueillante propriétaire de l'hôtel avait en soirée apporté dans ma chambre une collation fort copieuse.

 

Dès le départ, ça « pente » ! À froid, il y a mieux, mais je ne pouvais qu'admirer le travail des anciens qui ont bâti le sentier : pente régulière et importants murs de soutènement. 

Une heure et quart plus tard et 500 mètres plus haut – Eh, Eh ! 1941, un bon cru, du mollet, de la pèche et ma fois bien des p’tits jeunes aimeraient imiter le vieux montagnard – j’ai quitté les gorges du Tarn pour pénétrer dans le Causse Méjean, des paysages surprenants, toujours à plus de 1’000 m d'altitude. 

Grandiose, d'autant que le ciel s'éclaircit et que le soleil commence à percer. Peu après Chamblon, plutôt que de suivre l'itinéraire proposé par la FFRP pour ce Camin de Sant Guillem, le GRP Tour du Causse Méjean, je suis resté sur le GR60 allongeant un peu l'étape mais je ne le regretterai pas. 

Des fleurs, encore des fleurs... un coup de cœur pour l'étrange « carline » et pour le « cornier corticulé ». 

Et puis évidemment des moutons, encore des moutons... Et quelle sauvagerie ! Par ici on est loin de tout, inutile d'ouvrir un téléphone portable, il n'y a pas de connexion...  

Peu avant Nivoliers, un hameau d’une douzaine de maisons, une escadrille de vautours est venue me saluer, le temps de dégainer l'APN et ils étaient déjà loin. Mais dix minutes plus tard, je les ai retrouvé, cette fois ils étaient une vingtaine, volant face au vent du sud à des altitudes diverses, un peu loin pour la photo, dommage !

À la sortie de Nivoliers, l’occasion d’une pause casse-croute sur un banc fort opportunément placé, j’ai perdu le GR, une balise curieusement absente... Dans ce petit hameau où il y a au moins trois gîtes, des rivalités conduiraient-elles à quelques égarements ?

Le GR retrouvé, un peu plus loin un panneau annonce des chevaux préhistoriques de Przewalski. C’est le seul cheval sauvage qui soit parvenu jusqu’à nous : l’équidé peint sur les grottes de Lascaux a été redécouvert au XIX° siècle dans le désert de Gobi puis, à l’état sauvage on ne l’a plus observé depuis 1966. Un mal pour un bien : certains avaient été capturés et vendus dans des zoos et c’est à partir de quelques-uns de ces animaux qui avaient survécus que l’association Takh a pu les réintroduire dans les steppes mongoles et dans le Parc National des Cévennes. On peut voir désormais galoper ces petits chevaux sur le Causse Méjean. Ouais, mais je ne les ai pas vu !

À mon point haut du jour (1'200 m) alors que je sortais d'un bois de pins, c'est un vautour qui a fait une apparition fulgurante, un virage sur l'aile et il disparaît. Je l'ai retrouvé un peu plus loin, alors qu'il était accompagné de quelques congénères. 

Peu avant Mielgues, un petit hameau de quelques bâtisses toutes en ruine, le GR60 - le chemin des grandes trashumances, continue direction sud-est vers le Mont Aigoual. 

Comme je m'écartais de plus en plus de l'itinéraire normal, il était temps de retrouver le bon sens (le mien et celui de la direction de Meyrueis, terme de mon étape). J'ai donc suivi le GRP Tour du Méjean qui m'a fait suivre d'abord une petite route puis un sentier, longeant les falaises qui dominent les gorges de la Jonte. Encore des vautours, en nombre, durant tout ce parcours. Fabuleux spectacle !

J'ai fini par arriver à Meyrueis, au gîte de la Draille, chez Caroline Doussière. Dominant le village, ce gîte est incontournable. Confort, gentillesse, accueil, qualité pour tout, une trentaine de places, une soirée fort agréable en compagnie d'un groupe de randonneurs de Miramas dont c'est la sortie annuelle dans le secteur du Mont Aigoual. Et la bière blonde de l'Aubrac ...

Quelle journée extraordinaire !

 

Carte avec le parcours – détails techniques – fichier GPX [ clic ]

 

 

Le Chemin de Saint Guilhem #4 Le Causse de Sauveterre

Le Chemin de Saint Guilhem #6 Dans les pentes de l'Aigoual

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Commentaires
L
J'aime bien la phrase: dès le départ, ça pente. Je la ressortirai
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X
Tu n'es pas savoyarde, donc pas autorisée à utiliser cette expression LOL
S
C'est la première fois que l'on ne voit qu'un seul Cheval de Przewalski, mais dans le passé il nous est arrivé de n'apercevoir le troupeau qu'à l'aide de jumelles (leur parc fait 400 hectares et n'est même pas plat !). Les seuls que nous ayons pu voir de près étaient bien amochés, probablement rejetés par les autres membres du troupeau, et se tenaient près de la clôture. Le "célibataire" de cette année était à plusieurs centaines de mètres de la route. C'est bien un parc d'acclimatation avant lâcher en Mongolie et non un zoo. À +
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X
@Sparfelle Glaz Bonjour Gael<br /> Pour un peu, on se serait retrouvé à cheminer ensemble ? ! En tous cas, je vois que je ne suis pas le seul à revenir charmé et enthousiaste de ce superbe coin ! Tu avais payé combien à l'O.T. du secteur pour avoir le « droit » de rencontrer les chevaux de Przewalski ?   <br />  
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S
Salut Christian,<br /> Je reviens de ce coin fabuleux. Nous avons fait mieux que toi pour les Chevaux de Przewalski car nous en avons vu un !!! Beaucoup de rapaces, de moutons, de papillons, beaucoup d'espaces vides, des gorges magnifiques... Et des gens accueillants.Vivement les prochaines vacances.
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E
bonsoir Christian...<br /> oui et c'est bien plus prudent d'avoir ces balises ,même en ne partant pas seul ça peut servir aussi ...un accident est si vite arrivé ....bien savoir ou te situer , c'est ce qui sauve la vie parfois ...<br /> passe une bonne soirée Christian...<br /> bises<br /> ghislaine
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I
Pour ta balise, tu as raison, j'ai un pote, en rando en solitaire, se prend un pied dans une faille entre des rochers, la jambe casse, il a moisi une demi-journée avant que quelqu'un ne passe... et encore quelqu'un est passé. Remarque il a pas de bol, il y a deux ans, nous programmons une sortie au même endroit où il a eu l'accident, mais le sale temps sur place nous en a découragé, sur le tas, on décide une autre, mais moi je devais descendre en Ariège où m'attendais ma femme, cette nouvelle rando me faisait changer de vallée en sens inverse d'où je devais ensuite aller, donc ça me faisait trop pour le retour, je les laisse partir et moi je rejoins ma femme, du coup, j'ai raté les emmerdes ! Le même copain, glisse, se reprend le pied dans un trou et clac, rebelote. Hélico, bien entendu le téléphone ne passant pas quelqu'un a dû redescendre, ensuite le couvert et la configuration empêchait l’atterrissage, donc déplacement du blessé, la totale en somme. Depuis, il ne randonne plus, trop mal à la guibolle...  <br /> Pour 41, je ne suis (malheureusement) pas trop loin...
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X
@Yvan du pays des ours <br /> Moques-toi du cru 1941, je voudrais bien t'y voir... Moques-toi, je m'en souviendrais ...<br /> @Framboise<br /> À ce que j'ai pu lire, je crois bien que sur les causses ce sont bien les vautours qui font l'équarissage. D'ailleurs, de quoi se nourriraient-ils s'ils n'y avait pas ces brebis mortes ? <br /> @Élisa des petits bonheurs<br /> Oui, le Causse Méjean me semble bien plus aride que les Alpes de Haute Provence, mais les paysages diffèrent quand même. La photo 12 ressemblerait aux paysages des Bauges selon, toi ? Oui, tu as probablement raison, mais je ne le pense pas pour la photo 11 (un plateau se terminant par des falaises surplombant une gorge).<br /> @Ghislaine<br /> Marcher seul ? J'ai toujours aimé aller en solitaire en montagne que ce soit en été ou en ski de randonnée en hiver. D'ailleurs les vraies balades sans voir quiconque sont exceptionnelles : on croise toujours quelqu'un qui redescend alors qu'on monte (ou l'inverse) mais il arrive cependant que la solitude soit totale. En 2011, alors que je traversais le parc régional du Nivernais, dans un village j'ai cherché à réserver le gîte du jour suivant et ..  pas de connexion. J'ai à ce moment réalisé que depuis trois jours de marche, je n'avais vu personne et que s'il m'était arrivé ne fut-ce qu'une simple entorse je n'aurais pas pu déclencher le moindre secours. À mon retour j'ai découvert la balise Spot sur le blog d'un randonneur dauphinois et je me la suis procuré. Je peux à partir de cette balise (qui n'est ni plus ni moins qu'un moyen de communication via les satellites de Globalstar doublé d'un GPS) non seulement envoyer en automatique ma position comme tu l'as constaté, mais aussi en manuel adresser des messages à ma famille, voire une demande d'aide et même déclencher un secours pour moi ou des tiers en l'absence d'une connexion avec un téléphone portable. Donc  en solitaire, je ne pars pas sans quelques précautions ! 
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B
Bonsoir Christian<br /> Je suis de retour après mon périple en Bretagne mais pas pour longtemps car je repars dans une dizaine de jours pour les Alpes . Je t'envie toujours par cette belle balade et admirer cette nature restée dans son ecrin<br /> Amitié<br /> François
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E
bonjour Christian....<br /> quelle belle marche ...tu vois je t'avais dit la dernière fois que je suis passée que c'était aride de ce côté  parce que je connaissais ...nous n' y sommes allés que 2 années en suivant , c'est beau ,grandiose , une vue imprenable mais beaucoup trop sec , trop aride , il nous faut chercher la verdure et en plein mois d'aout je ne te dis pas comment tout est sec et grillé , il n' y a que les moutons pour trouver leur nourriture ...es-tu déjà allé à Montpelier le Vieux ?  à ne pas confondre avec la ville de Montpelier .....c'est superbe ,plein de grosses roches ,  par endroits  c'est le grand vide , un film fut tourné dans ce site ,avec  Bourvil  et louis de Funès ,je pense que c'est la grande vadrouille mais je ne suis pas certaine du titre de ce film.....malgré qu'il y a des bois ,il y fait si chaud que l'herbe y est grillée aussi ,je n'ai plus en tête l'altitude , ça remonte loin...c'était nos débuts de randonnées   mon fils n'avait que 4 ans  à cette époque et aujourd'hui il en a 37 ...le temps passe décidément trop vite ....<br /> pour commencer ta journée , ce sentier fait par l'homme est super et quel mérite ils ont , et les risques prit , il est fait pour durer celui-ci ...tes photos sont superbes , c'est bien malgré les km que tu dois faire dans une journée , tu prends le temps  de faire toutes ces belles photos , que de souvenirs ...tu n'as jamais craint en marchant seul d'avoir un problème ,qu'un incident arrive ? ...bien que tu étais suivi dans ton parcours par les balises ou tu disais aussi ton heure de départ et d'arrivée ...il faut être sur de soi ...je te suivais sur la carte que tu présentes , fichier GPS .....mais je n'aurait été d'aucun secours ...<br /> il devait être vraiment beau ce cheval , rien qu'à voir la photo ..<br /> je te parlais de la Bérarde la dernière fois , une partie de la route fut élargie et j'ai vu comment  ils faisaient lorsqu'il y a un grand vide ...ils déversaient des camions complets de caillasses mêlé de terre ,qui reposaient sur des fers énormes enfoncé dans la roche ....il faut qu'ils soient certains de ce qu'ils font , de façon que ce soit solide ...par autres endroits aussi  , j'ai vu les hommes attachés  et avec des baudriers ils travaillaient comme ça ,à flan de montagne ....<br /> quand nous partions comme ça , durant tout un mois , lorsque nous rentrions chez nous ,je ne me sentais pas à l'aise , tous ces espaces me manquaient , la montagne me manquait , l'altitude , j'avais l'impression de manquer d'air ,de place c'était oppressant durant quelques jours , je n'avais plus que les photos pour me rappeler , surtout pour voir et parfois j'avais l'impression de n'être jamais partie ....mais aujourd'hui j'ai tant de souvenirs , je n'ai pas besoin des photos pour me rappeler ....<br /> assez parler ...je te souhaite une belle journée en ce dimanche et un bon début de semaine ...<br /> bises   à++<br /> ghislaine
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P
Bonjour Christian,<br /> J'ai comme l'impression que c'est encore plus aride et austère que la Haute Provence ? Toi qui connait tu dois savoir. . On doit se sentir tout petit de marcher dans ces espaces. La 11 et la 12 me font penser un peu aux Bauges non ?<br /> Bravo pour ce périple surtout tout seul ... certainement pas facile de reprendre la quotidien lorsque tu rentres ?<br /> Bises aux chants des cigales
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B
ah oui Christian , quelle belle nature et photos  , les 3 dernières  j'aime +++ <br /> oui le sentier  , quelle belle construction  ! et durable !  et ...  bon weekend  A+
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F
les pauvres vautours ne doivent pas avoir grand chose à se mettre dans le bec, chaque carcasse étant ramassée et envoyée à l'équarrissage , c'est bien dommage !<br /> c'est un bel oiseau que des amies blogueuses photographient souvent lors de leurs sorties ornitho .<br /> Merci pour cette belle promenade sur les sommets bien verts et bien déserts :-(<br /> bon week end
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I
Soi-disant que le cru 41 est excellent, et les vautours ne s'y trompent pas... Ils attendent avec impatience un randonneur en mal de cœur et qui met les bouts sur ces chemins isolés.<br /> Mais tant qu'on se tient sur les pattes, on ne risque rien quoi qu'en disent certains qui font croire que les vautours sont des prédateurs et qui ont "même dévoré une randonneuse", c'est vrai, mais ils oublient de dire que la malheureuse personne s'était affalée en bas d'une falaise, et là  les vautours n'ont fait que leur travail...<br /> Grandiose de marcher seul dans ces paysages tout de même désolés... bons que pour les "agolhas" et les fous marcheurs de ton espèce.
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