Rêve de Laponie ~ Luleå - Gamelstad - Vuollerim
Lundi 24 juillet 2006
À l'approche du 66ème parallèle, Luleå, la sentinelle de l’Arctique, se dresse comme la métropole moderne du Nord, une ville de fer et de savoir posée sur un archipel de 1.300 îles.
La ville vibre d'une énergie particulière, entre ses centres de recherche technologique et sa nature omniprésente.
Se promener sur le front de mer à cette saison, c'est assister au triomphe de la lumière : le ciel prend des teintes de nacre qui ne s'éteignent qu'aux premières heures de l'aube.
Luleå est le dernier grand souffle urbain, une escale stratégique où le confort scandinave rencontre la rudesse boréale avant de s'enfoncer plus profondément vers les terres Sami.
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À quelques kilomètres de la ville moderne, Gammelstad nous transporte au XV° siècle. Ce site classé au patrimoine mondial de l'UNESCO est le plus grand « village-église » de Suède, comptant plus de 400 maisonnettes en bois rouge (Falu rödfärg).
À l'origine, ces habitations servaient aux fidèles venus des campagnes lointaines qui ne pouvaient faire l'aller-retour en une seule journée pour assister au culte.
En déambulant dans les ruelles pavées et étroites, le silence est interrompu par le cri des oiseaux migrateurs de retour.
L'église de pierre de Nederluleå, datant de 1492, trône au centre de ce labyrinthe écarlate, témoignant de la ferveur spirituelle qui unissait les communautés isolées du Nord. Les façades rouges contrastent violemment avec le vert tendre des prairies.
C'est un lieu de recueillement absolu, une étape initiatique qui rappelle que la survie en Laponie a toujours dépendu de la solidarité et de la foi.
Chaque porte close semble garder le secret des hivers passés, offrant au voyageur une leçon d'humilité et de persévérance face à l'immensité sauvage.
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Le voyage nous fait quitter le bitume pour s'engager sur les pistes suédoises, ces rubans de terre et de gravier qui s'enfoncent dans la taïga. Le trajet vers Vuollerim est une immersion totale : les forêts de pins sylvestres et d'épicéas se densifient, entrecoupées de tourbières où l'eau de fonte scintille.
Les paysages deviennent plus rudes, plus authentiques ; on y croise souvent les premiers rennes solitaires, signes que nous entrons sur le territoire ancestral des éleveurs. C'est une route de transition, où le bitume laisse place au crissement des pierres, nous menant doucement vers les portes du Cercle Polaire.
La soirée est avancée quand nous quittons la piste principale pour emprunter une petite piste qui s’insère dans une forêt clairsemée où nous pensons trouver un chouette emplacement de bivouac. Je gare le véhicule en quittant la piste et … je m’enfonce dans du sable pourtant dur ! Mes manœuvres pour en sortir restent sans effets. Nous sommes dans de beaux draps en pleine Laponie et loin de tout !
Avant de quitter la piste principale, nous avions vu une maison qui semblait habitée, nous y allons et frappons à la porte. On nous ouvre et nous expliquons – en anglais - notre situation. L’homme appelle son grand fils et nous repartons avec son pick-up qui nous tirera de notre mauvais pas.
Avant de nous quitter notre sauveur nous indique qu’au bout de la piste, il y a un emplacement de pique-nique au bord du lac que nous rejoignons. Ce sera un superbe bivouac…
Étape de 245 km depuis le départ 3.066 km