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La Processione dei Misteri à Trapani

Xtian

La ville de Trapani, en Sicile, peut s'avérer décevante au premier abord quand on arrive de Palerme, ville moderne et impersonnelle, elle ne semble pas présenter d'intérêt. Pourtant, son centre historique abrite de splendides monuments de différentes époques montrant un grand intérêt culture comme je l’ai montré dans ce billet

 

Mais surtout Trapani est réputée pour sa Processione dei Misteri, une procession qui débute le Vendredi Saint à 14 heures pour se terminer le Samedi à midi ( ! ) avec défilé de chars représentant différents épisodes de la Passion du Christ et animé par les diverses corporations de la ville, mélange de foi religieuse parfois un peu désuète et même ridicule et d'événement touristique en présence des autorités politiques, militaires et religieuses de la provincia.

 

 

Depuis le XVII° siècle, des statues de taille humaine remplacent durant la Semaine Sainte les scènes vivantes de la Passion improvisées autrefois. Chaque scène, comportant plusieurs personnages, est fixée sur une vara ( une plateforme à brancards ) portée en procession par dix, douze, vingt ... hommes d'un même ceto ( corporation ) : les cordonniers, les menuisiers, les bouchers, les mariniers,... Depuis des générations, les pastai ( fabricants de pâtes ) ont la responsabilité du sépulcre du Christ dans un cercueil de verre, les pescivendoli ( les poissonniers ) s'occupent du char « Jésus devant Hérode », etc.

 

Les personnages des varas sont en cyprès, les parties « nues » ( visages, mains, parfois bras, torses et jambes ) étant en liège. Certains « tableaux » sont tragiques comme ce Christ tuméfié, sanguinolent et les yeux révulsés, ou ces bourreaux qui transpirent la haine ; d'autres sont théâtraux comme l'Ecce Homo derrière sa balustrade en argent.

 

Le poids de chaque vara est conséquent, plusieurs centaines de kilos m'avait-on dit et j'ai vu des porteurs grimacer sous l'effort mais en regardant des vidéos récentes, il m’a semblé qu’on avait sur certaines varas remplacé des matériaux par des plus légers et quelques jeunes filles figurent chez les porteurs.

 

Aussi, les varas ne parcourent-elles qu'une centaine de mètres puis un maître d'œuvre fait tourner une crécelle donnant l'ordre aux porteurs de stopper ; nouveau tour de crécelle et les porteurs déposent la vara. À ce rythme-là, on comprend aisément que la procession mette des heures à parcourir la ville.

 

Pour mimer la vie, les porteurs impriment aux varas un mouvement de balancier régulier appelé cannacata et tout le monde marchent d’un curieux pas chaloupé.

 

Les membres des diverses corporations qui ne portent pas entourent leur vara avec insignes de leur fonction, décorations ou fanions. Généralement, hommes et femmes sont en costume ou tailleur noir, mais certaines professions se parent de ridicules tenues de légionnaires romains et plus grotesque encore parfois d'anges !

 

Toutes les varas sont suivies d'une fanfare - elles ont été réquisitionnées dans toute la provincia - et elles jouent toutes le même air tragique, lancinant au fil des heures.

 

Il y a cependant une exception, la vara du Ceto dei Fornai ( boulangers ) est suivi d'une imposante cohorte d'enfants de la ville, âgés huit à dix ans, portant casquette bleue, anorak blanc ou quelques fois bleu, ils ne chantent pas, ils scandent le même air. Ça prend aux tripes même pour un non croyant comme moi !

 

Une autre exception, la vara du Ceto dei Camerieri - Baristi - Pasticieri ed Affini ( serveurs - barmans - pâtissiers et similaires ) est précédée d'un cortège de femmes en grand deuil ( robe ou tailleur noir, tête recouverte d'un fichu, parfois pieds nus ). La vara représentant la Madonna Addolorata ( la Vierge des Sept Douleurs ), bardée de poignards et vêtue d'un manteau noir garni d'ex-votos, ferme toujours la procession.

 

À mon retour de Sicile en 2009, j’ai écrit plusieurs billets illustrés de photos ( difficiles à prendre avec la foule ) et j’avais remis régulièrement à faire ce montage que je vous montre aujourd’hui.

 

Nota : en Espagne, des processions plus ou moins identiques débutent le mardi qui suit les Rameaux et se poursuivent parfois jusqu’au dimanche de Pâques. Les varas ( appelées pasos ) sont portés par des pénitents membres d’une cofradia ( confrérie religieuse ) : confrérie des pénitents noirs, des pénitents blancs, des pénitents rouges, etc. chaque pasos étant accompagné d'une fanfare.

Les processions siciliennes comme celle de Trapani m'ont semblé plus authentiques.

 

Je vous invite à regarder le montage audiovisuel ( 4,38 minutes ) ci-dessous.

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Commentaires
L
Il y a eu une grande influence de l'Espagne en Sardaigne et en Sicile au cours de l'histoire, ceci explique cela. Après, chacun fait à sa sauce mais les confréries espagnoles sont très anciennes. Chouette ta vidéo (sauf le mec qui mâche son chewing-gum hi, hi, hi)
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