Un printemps en Franche-Comté ~ La Saline royale d’Arc-et-Senans
Sur la route de Besançon, après Arbois, un autre arrêt s’imposait à Arc-et-Senans pour découvrir la Saline royale. Puissante, troublante, l'atmosphère de la Saline, construite de 1775 à 1779, est incontestablement singulière et ne laisse pas indifférent celui qui, pour la première fois, pénètre dans son enceinte.
Œuvre de l’architecte visionnaire Claude-Nicolas Ledoux, la construction, qui débuta en 1775 sous le règne de Louis XV, est la première grande réalisation d'architecture industrielle qui reflète l'idéal de progrès du siècle des Lumières alors qu’au XVIII° siècle, le sel utilisé pour la conservation de la viande et du poisson, est une denrée essentielle d’où l’intérêt du roi pour la manufacture.
À l’époque, elle compta parmi les plus importantes salines d’Europe, transformant en sel la saumure extraite aux salines de Salins-les-Bains ( Jura ) et transportée jusqu’à Arc-et-Senans ( Doubs ) par un saumoduc composé
Pour sa réalisation, l’architecte a conçu la Saline royale comme une usine intégrée où vivent le personnel et les dirigeants : construite en arc de cercle, elle comprend 11 bâtiments, les écuries, les bâtiments dédiés à la fabrication du sel ( par évaporation et décantation ), le bâtiment des gardes, celui des commis et… la maison du directeur édifiée au centre pour pouvoir surveiller tous les bâtiments.
Rendue obsolète par l’apparition de nouvelles technologies pour obtenir du sel, la Saline royale ferme ses portes en 1895.
Pillée et endommagée par un incendie, elle a été rachetée par le département du Doubs en 1927, ce qui la sauve de la ruine, trois campagnes de restauration seront nécessaires pour lui redonner son éclat.
Plusieurs expositions occupent également les lieux, l’une La Saline après la Saline est consacrée à l’histoire de la production du sel, une autre est dédiée à la mémoire du lieu, jalonnée de divers témoignages.
Le musée Ledoux évoque la vie du concepteur de la Saline, à l’aide de nombreuses maquettes. Hormis à Arc-et-Senans, peu de ses bâtiments sont visibles de nos jours : soit ils n’ont jamais été édifiés, soit ils ont été détruits.
Quant aux jardins, ils accueillent régulièrement des artistes et des festivités.
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