Un automne italien ~ Assisi
Mardi 23 septembre
Et nous voici sur la route d'Assise, dont les bâtiments religieux sont très visibles depuis la vallée, perchés sur le Monte Subasio.
Notre but en venant à Assise était de voir les fresques de Giotto ou de Cimabue en échappant à la foule des pèlerins.... pari un peu imprudent !
Nous visitons tout d'abord San Pietro, église d'origine romane (XIII° siècle), très sobre qui montre quelques fresques et une belle alliance d'arts roman et gothique.
La Basilica San Francesco est composé de deux bâtiments superposés. La basilique supérieure se visite à partir d'une belle place ; vaste et claire, elle présente en particulier des fresques de Giotto racontant la légende de Saint François, dont la célèbre fresque « du sermon aux oiseaux ».
Giotto di Bondone est souvent considéré comme le père de la peinture moderne, celui qui a brisé la rigidité byzantine pour insuffler de l'humanité dans l'art. Son cycle de fresques dans la Basilique Saint-François d'Assise, réalisé à la fin du XIII° siècle, marque un tournant radical dans l'histoire de la Renaissance italienne.
À travers les vingt-huit scènes de la Vie de saint François, Giotto révolutionne la narration visuelle :
- Le Naturalisme : Contrairement aux fonds d'or plats de ses prédécesseurs, il place ses personnages dans des paysages identifiables et des architectures crédibles.
- L'Émotion : Il donne aux visages des expressions de douleur, de joie ou de compassion, rendant le divin accessible et profondément humain.
- La Perspective : Bien que primitive, sa maîtrise de la tridimensionnalité crée une profondeur de champ inédite pour l'époque.
Ces fresques ne sont pas seulement des chefs-d'œuvre religieux ; elles sont le manifeste d'une nouvelle manière de voir le monde, où l'espace et le volume servent un récit vivant et émotionnel qui continue de fasciner les visiteurs du monde entier.
Dans la fresque intitulée « Innocent III approuvant la règle des frères mineurs », on est émerveillé par la perspective créée par une élégante tenture comme par le groupe de femmes dans la fresque intitulée « la crèche à Greccio ».
Un premier tour permet de suivre le déroulement de la légende, tandis qu'une seconde vision s'impose si l'on veut saisir la beauté des fresques.
On peut dire également que l'audio-guide est indispensable pour comprendre le foisonnement des images peintes par Giotto et ses élèves ainsi que des symboles qui s'y attachent, la gestuelle des personnages...
L'après-midi est déjà fort avancé lorsque nous nous dirigeons vers Montefalco dont nous avions vu l'aire de stationnement l'année précédente : c'est un emplacement agréable, très calme à cette époque de l'année, avec une vue imprenable sur la vallée et... des chats accueillants qui semblent attendre les visiteurs.
Étape du jour 23 km, depuis le départ 1024 km