Carnet de voyage en Sicile ~ À la découverte de Palerme #1
Mardi 6 avril
Après une nuit bien tranquille au pied des immeubles, je suis reparti vers le centre de la cité palermitaine.
Retour à la Piazza Quattro Canti (les 4 fontaines), à l'intersection de deux rues, la via Maqueda et le corso Vittorio Emanuele. Ce carrefour a pour particularité de délimiter les quatre anciennes parties de Palerme. Chacune des quatre façades est ornée d'une fontaines et de statues. Une plaque rappelle le débarquement de Giuseppe Garibaldi à la tête de ses Mille pour conquérir le Royaume des Deux-Siciles et renverser les Bourbons.
Le coup de cœur du jour sera pour la Chiesa del Santissimo Salvatore, un bijou baroque en ovale comme dans un théâtre, avec des balcons tendus de velours (et dire que je n'aime guère le baroque !), très prisée pour les mariages et les concerts, monastère des sœurs de l'ordre basilienne de rite grec. D'origine normande, l'église a été construite au IX° siècle. Entièrement rénové au cours des XVI° et XVII° siècles, le bâtiment a pris l'aspect baroque alors en vigueur. L'intérieur, sur un plan central avec un dôme elliptique sur douze côtés, est richement décorée de marbre polychrome, de stucs et de fresques.
J’ai assisté - bien que non croyant - en ce début de Settimana Santa à la cérémonie « delle Rame » dans la Chiesa di Santa Maria dell’Ammiraglio dite « La Martorana », du XII° siècle (un bijou qui a conservé des mosaïques byzantines exceptionnelles, notamment dans la coupole, probablement l'une des plus anciennes de la Sicile), cérémonie selon le rite catholique byzantin, donc chants et prières en grec. Ce n’est peut-être pas aussi théâtral qu’une cérémonie grecque orthodoxe, mais presque ! Une heure et demie quand même… Le temps aussi d’admirer les fresques en mosaïques byzantines exceptionnelles.
Juste à côté, séparée de la Martorana par un palmier (!) la Chiesa di San Cataldo, petite église également du XII° siècle, construite par « l'émir des émirs », le grand amiral Maion de Bari, en style arabe avec de surprenantes coupoles roses qui coiffent la nef centrale. Elle appartient à l’ordre des chevaliers du Saint-Sépulcre de Jérusalem. Un autre trésor qu’on ne se lasse pas d’admirer.
À deux pas, sur la Piazza Pretoria, ( ! ), la Chiesa Santa Caterina - décidément les églises ici sont à tout touche - un incroyable délire d’art baroque.
Toujours sur la Piazza Pretoria, et face au Palazzo Pretorio (ou Palazzo dell'Aquile), siège de la commune de Paleme, une superbe fontaine, magistrale fontaine déplacée en 1575 depuis Florence, ville pour laquelle elle avait été construite. Elle est constituée de nombreuses statues de divinités marines. Elle est aussi appelée Fontana delle Vergogna (Fontaine de la Honte) à cause de la nudité des ses statues !
Près du port, la Basilica San Francesco d’Assisi, est une des belles églises de Palerme. Façade gothique, intérieur prodigieusement riche avec de belles cultures du XV° siècle.
La petite placette à l’extérieur est occupée par la terrasse de la vieille pâtisserie-café l’Antica Foccaceria, fondée en 1834. J’en ai profité pour y déjeuner, un plat de pâtes, un verre de vin rouge sicilien, une pâtisserie locale et un « ristretto », mais l’addition a été salée …
Retour tranquille vers mon camping-car, pour y passer l’après-midi à l’ombre car tout était fermé en ce dimanche des Rameaux. Je me suis replongé dans le livre de Lampedusa, « Il Gattopardo » et que c'est bon de lire un bouquin sur les lieux de l'intrigue.