Carnet de voyage en Turquie ~ Saratli – La ville souterraine de Saint Mercurius
J04 Lundi 16 juin
Peu avant 13 heures, nous quittons Ankara et prenons la route de la Cappadoce dont l’origine du nom signifie « pays des beaux chevaux ».
Notre premier arrêt, arrivés en Cappadocce après deux heures et demie de route, est pour découvrir la ville souterraine de Saratli (Aziz Mercurius Yeraltı Şehri), un paisible village de la province d'Aksaray, devenu une destination prisée après la découverte de deux cités souterraines sous ses maisons et granges.
Le village se dresse sur deux collines rocheuses basses, chacune ayant sa cité souterraine. Le relief élevé et la pierre dure en faisaient un site idéal pour construire une ville souterraine.
L'origine exacte des cités souterraines de Saratlı est inconnue et il est d'autant plus difficile de se prononcer sur ces origines, car la construction et l'agrandissement ultérieurs des grottes auraient détruit les plus anciennes. Si bien qu’on ne sait que peu de choses sur les cités souterraines de Saint-Mercurius et de Kırkgöz en particulier, de nombreuses cités troglodytes de Cappadoce ayant suivi approximativement la même chronologie.
Cette chronologie commence avec l'éruption du volcan voisin, le mont Hasan, qui recouvrit la région d'une couche de cendres, lesquelles se refroidirent et durcirent en couches de roche tendre, qui, si l'érosion leur donna des formes fantastiques dans des régions comme Göreme, demeurèrent relativement plates ici, autour de Saratlı.
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À l'âge du Bronze, les habitants de la région commencèrent à creuser des pièces près de la surface, souvent utilisées comme entrepôts ou granges. Au fil du temps, ces espaces creusés et simples gagnèrent en taille et en complexité, les plus grands pouvant accueillir des milliers de personnes. Au IV° siècle, les Perses, qui avaient conquis la région, remarquèrent la pratique inhabituelle de creuser des cités troglodytes.
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Les avantages de telles cités étaient nombreux. Durant les chaleurs extrêmes de l'été ou les températures glaciales de l'hiver, la température dans les grottes restant relativement constante. C'était aussi une excellente forme de défense dans un paysage peu protégé, les réseaux souterrains constituant un refuge sûr pour les habitants fuyant les raids. Les entrées des tunnels, les conduits d'aération et les cheminées pouvaient facilement être dissimulés au milieu des structures villageoises. Les tunnels pouvaient être scellés par de lourdes portes en forme de meule qui ne pouvaient être ouvertes et fermées que de l'intérieur et même piégées.
Plus tard, au cours des premiers siècles du christianisme, les chrétiens furent confrontés à d'intenses persécutions, faisant de ces cités cachées de Cappadoce un refuge idéal. Des siècles après la christianisation de l'empire romain, la population chrétienne se réfugia à nouveau dans ces cités cachées lorsque les Arabes envahirent la région à partir du VII° siècle. Des vagues incessantes d'invasions rendirent ces cités souterraines indispensables. À partir du XI° siècle, les chrétiens de langue grecque de cette région vécurent sous domination musulmane, d'abord sous les Seldjoukides, puis sous les Ottomans°. À cette époque, les habitants se réfugièrent à nouveau dans leurs abris secrets pour se défendre en période d'instabilité ou de persécution.
La cité souterraine de Saint-Mercurius que nous avons visitée se trouve sur la colline nord de Saratlı. Son nom vient de l'église située dans la cité troglodyte, baptisée en l'honneur de Saint Mercurius, un Cappadocien et martyr. Mercurius, de son vrai nom Philopater (qui signifie « Amant du Père »), est né en Cappadoce (bien que certaines traditions le fassent naître à Rome) et a servi comme soldat. Ayant refusé de remercier les dieux romains pour une victoire, il fut arrêté et torturé, puis envoyé à Césarée (Kayseri) où il fut décapité.
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° Contrairement à ce que l’on pourrait croire, les turcs ne sont pas d’origine arabe mais descendent des Ottomans lesquels proviennent d’une tribu d’Asie centrale qui s’installa vers la fin du XIII° siècle dans la région de Söğüt, puis conquit progressivement plusieurs villes byzantines.
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